Archives

Année 2019

SITUATION DE LA VILLE DE LORIENT AU REGARD DU DÉVELOPPEMENT DURABLE ET SOLIDAIRE – ANNÉE 2019

Ce document constitue le huitième bilan annuel des actions conduites par la ville au titre du développement durable et solidaire. Cet exercice du rapport annuel en matière de développement durable met en valeur les actions spécifiquement réalisées au cours de l’année 2019.

 

Cependant, ces actions s’inscrivent toutes dans une continuité de pensée, de volonté et d’action.

La plupart des réalisations 2019, que ce soit en matière d’aménagement, de déplacement, de solidarité ou bien encore d’accès pour les Lorientais à la culture et aux loisirs, sont réalisées dans le cadre de programmes qui courent sur plusieurs années. Il s’agit donc ici de rappeler les lignes directrices de l’action de la Ville en matière de développement durable et solidaire.

 

Les indicateurs du baromètre du développement durable, spécifiquement choisis car ils permettent de montrer l’action de la ville en matière de lutte contre le changement climatique et de préservation de la biodiversité, sont à nouveau présentés cette année.

 

Il est à noter que l’indicateur n°10 (Utilisation de pesticides par la ville de Lorient), qui était à 0 depuis plusieurs années, du fait du passage de la ville en zéro pesticide, a été modifié cette année pour laisser la place à un nouvel indicateur : nombre d’arbres plantés par la collectivité et stockage de carbone associé.

 

Un nouvel indicateur est également proposé, qui quantifiera chaque année la part d’énergies renouvelable dans la chaleur (non électrique) consommée sur le territoire de la ville de Lorient.

 

La Ville s’était fixé un objectif ambitieux, atteindre sur son patrimoine, par rapport à l’année de référence 1990, 30% de baisse d’émissions de CO2, 30% de baisse de consommation énergétique et 30% d’approvisionnement via des sources d’énergies renouvelables. Ces objectifs sont atteignables et certains sont d’ores et déjà dépassés. L’objectif en matière d’énergies renouvelables a été augmenté, et il est envisagé d’atteindre 50% d’approvisionnement via des énergies renouvelables pour le patrimoine municipal de la ville de Lorient à horizon 2020.

 

Il ne faut cependant pas négliger les autres indicateurs, comme la consommation d’eau de la ville, ainsi que l’approvisionnement en produits alimentaires de qualité.

 

Dans le détail, l’analyse pour cette année des 11 indicateurs donne les résultats suivants :

 

 

Indicateur n°1

 

 

Les émissions de CO2 liées aux consommations d’énergie du patrimoine municipal et de l’utilisation de carburant pour les véhicules municipaux ont été de 5204tCO2 en 2018. Les émissions étaient en 1990de 6200tCO2. La diminution des émissions de CO2 en 2018 est liée :

  • à la mise en service de chaufferies bois granulé (GS Kermelo et Nouvelle ville)
  • à la diminution des consommations d’électricité liée à la poursuite du déploiement du Schéma Directeur d’Aménagement Lumière.

 

L’objectif pour 2020 est d’atteindre 4300tCO2 : la ville est sur la bonne voie, d’autant plus que les émissions de CO2 vont connaître une diminution importante du fait de la mise en service d’une nouvelle chaufferie bois en 2019 (Kersabiec), ainsi que grâce au développement de la filière solaire thermique.

 

 

Indicateur n°2

 

Consommations d’énergie du patrimoine municipal (hors carburant)

 

Après recalculs en 2019 (avec notamment un changement des valeurs caloriques de la combustion du bois basé sur les données sur plusieurs années des consommations des chaufferies), la consommation d’énergie de la ville a représenté 32GWh en 2018 contre 33,4 GWh en 2017. Cette baisse de 1,2GWh est liée à une légère diminution des consommations de chauffage ainsi qu’à la poursuite de la baisse des consommations d’électricité dans le cadre du schéma directeur d’aménagement lumière (SDAL).

L’objectif pour 2020 est de parvenir à 25GWh de consommation totale d’énergie. Malgré une baisse significative des consommations depuis 2010, l’objectif reste encore éloigné.

Les marges de manœuvre existent : le Schéma Directeur d’Aménagement Lumière peut permettre de gagner 1,25GWh à horizon 2020. Le programme d’isolation des bâtiments (combles, menuiseries, tuyaux), la rationalisation du patrimoine, la poursuite du travail sur les usages et la recherche exhaustive de tous les surdimensionnements (ballons électrique d’eau chaude sanitaire) sont susceptibles de faire gagner 5GWh. Enfin  0.7GWh pourraient provenir d’une autoproduction d’énergie solaire (électricité et eau chaude) des bâtiments municipaux. Tous ces efforts doivent bien entendu être réalisés en l’absence de nouvelles consommations.

 

 

Indicateur n°3

 

Consommations de carburants de la flotte municipale

 

 

La consommation de carburants de la flotte de véhicules de la mairie est en baisse constante :

  • 2007 : 229 000L
  • 2017 : 164 482L

… soit une baisse de 28% en 11 ans.

 

La consommation d’électricité-carburant devrait commencer à représenter une part visible de la consommation totale de carburants dans les prochaines années du fait de l’électrification du parc automobile municipal. Elle a représenté pour les voitures et camionnettes environ 9MWh en 2018, soit 1% de la consommation énergétique de la flotte municipale.

 

Indicateur n°4 :

 

Pourcentage total d’utilisation d’énergie d’origine renouvelable par la Ville de Lorient pour ses bâtiments : chaleur biomasse, achat d’électricité garantie d’énergie renouvelable.

 

 

La part d’énergie renouvelable dans les bâtiments est repartie à la hausse en 2018, à 27% (chaleur et électricité confondus).

 

La part d’électricité renouvelable est à nouveau orientée, à la hausse, suivant une politique d’exemplarité de l’achat d’électricité renouvelable.

En effet, la ville de Lorient avait été l’une des premières collectivités de France à acheter de l’électricité « Haute Valeur Environnementale » sur quelques sites, dès 2015.

En 2016 les petites livraisons de cette électricité vertueuse avaient été reconduites, mais en parallèle, du fait du caractère infructueux de l’achat d’électricité renouvelable « garantie d’origine » (de moins grande qualité que l’électricité « haute valeur environnementale ») dans le cadre du marché d’électricité « standard », la quantité d’énergie renouvelable consommée sur le patrimoine de la mairie a accusé une baisse.

La montée en puissance de l’achat d’électricité dite « à haute valeur environnementale », en provenance de petites installations et privilégiant les filières locales permet de compenser cette baisse à partir de 2017 : en effet, 17 sites sont depuis 2017 alimentés en électricité achetée au fournisseur Enercoop, ce qui représente 0,6 GWh et permet de revenir aux alentours de 30% d’énergie renouvelable pour le patrimoine municipal. L’augmentation de la production locale d’électricité (autoconsommation photovoltaïque) permet également une évolution positive de l’indicateur.

 

En matière d’approvisionnement électrique, la ville de Lorient poursuit ses efforts dans les trois volets suivant :

  • la baisse consommation d’électricité liée aux efforts de maîtrise de la demande en énergie
  • la poursuite du développement de l’autoconsommation d’électricité photovoltaïque,
  • l’augmentation des volumes d’achat d’électricité à haute valeur environnementale actée pour 2020,

 

En matière de chauffage utilisant les énergies renouvelables, la ville de Lorient :

  • poursuit le développement de chaudières bois sur son propre patrimoine
  • participa avec la SPL Bois Energie renouvelable au développement de réseaux de chaleur communaux qui desserviront entre autres des bâtiments municipaux
  • met en œuvre un programme d’installation de panneaux solaires thermiques, comme par exemple en 2019 sur le site de la cuisine centrale Kerletu.

 

Indicateur n°5

 

Consommation d’énergie renouvelable pour les besoins de chaleur  

 

La Ville de Lorient est au-delà des 30% d’énergie renouvelable pour la fourniture de chaleur de ses bâtiments. Elle a donc atteint l’objectif du plan climat. Les actions engagées à présent

 

Avec la mise en service de deux nouvelles chaufferies granulé (Kermélo et Nouvelle Ville), la consommation de chaleur renouvelable a dépassé les 6GWh en 2018, ce qui représente 32% d’énergie renouvelable dans le mix énergétique du chauffage des bâtiments.

 

La mise en service de chaufferies bois pour l’école et le gymnase de Kersabiec (en 2019-2020), ainsi que les projets de réseaux de chaleur en cours de réflexion (Université/Ecole de Musique/Groupe Scolaire Lanveur puis Bodélio et  Manio) permettent d’envisager un approvisionnement issu à 50% en énergie renouvelable pour la chaleur à horizon 2020.

 

Indicateur n°6

 

Production totale d’électricité photovoltaïque

 

 

La production d’électricité renouvelable (photovoltaïque) par rapport à la consommation totale d’électricité des bâtiments est encore très marginale mais est en progression rapide : d’à peine 1% en 2013 elle a atteint en 2018 4,8%. En 2019, avec la production de la grande centrale (100kWc – 600m²) de Kerletu ainsi que la première centrale sur le toit du Centre Technique Municipal, les productions représenteront plus de 6% des consommations d’électricité. La barre des 500 000kWh produits annuellement sera très vraisemblablement dépassée en 2020-2021.

 

Indicateur n°7

 

Part de l’électricité renouvelable dans les achats d’électricité (bâtiment + éclairage public)

 

 

Le marché 2015 d’achat d’électricité incluait 50% d’achat d’électricité « garantie d’origine » renouvelable, et 2% d’électricité renouvelable à haute valeur environnementale (issue de petites installations locales de production d’électricité, avec la garantie qu’une partie de l’argent payé au fournisseur sert au développement de nouvelles unités de production). Cette électricité, achetée à Enercoop, a été une démarche pionnière de la ville de Lorient qui a spécifiquement intégré des critères de durabilité dans ses marchés publics. 

 

Pour 2016, le marché « garanties d’origine » a été infructueux, ce qui a fait significativement reculer la quantité d’électricité renouvelable achetée.  En 2016 il y avait donc 3% d’électricité à haute valeur environnementale, qui ont été portés à 7% en 2017, 2018 et 2019 : Enercoop approvisionne pour ces 3 années 17 bâtiments (écoles, salles de sport, équipements culturels) de la ville.

 

Un autre élément aura un impact sur le ratio de consommation d’électricité renouvelable : la baisse des consommations d’électricité, engagée depuis 2009, avec une diminution depuis cette année de 2GWh, du fait notamment de la diminution des consommations d’électricité pour l’éclairage public.

 

En 2020, le prochain marché d’achat d’électricité (dans le cadre du groupement de commande piloté par Lorient Agglomération) comportera une large part d’électricité « Haute Valeur Environnementale » : il est en effet prévu d’alimenter une quarantaine de bâtiments via de l’électricité à haute valeur environnementale.

 

 

En 2018, l’électricité Enercoop, achetée par Lorient pour 17 bâtiments en 2018, a été reconnue par Greenpeace comme « vraiment verte », aux côté de deux autres fournisseurs seulement. Cette reconnaissance conforte la démarche de la ville de Lorient à poursuivre l’achat d’électricité avec des critères solides de valeur environnementale.

 

Indicateur n°8

 

Achats de produits de filières qualité pour la restauration scolaire

 

 

Les produits labellisés:

– produits bio

– conversion vers AB

– produits label rouge

– produits filière LIN

– poissons frais

– circuits courts (poulets de Languidic, pain des boulangers lorientais)

 

représentaient en 2018 63% des achats des services de restauration de la Ville de Lorient.

 

Indicateur n°9

 

L’année 2018 a vu une légère baisse des consommations d’eau de la ville de Lorient qui s’établissaient à92 326m3. On constate depuis quelques années déjà (2014) des consommations en dents de scie : l’une des sources d’explication est la modification des rythmes de facturation qui engendre une augmentation artificielle des consommations certaines années, et une baisse tout autant artificielle les autres années.

 

Cependant, la tendance globale est haussière. Une vigilance accrue sur le suivi des consommations d’eau est nécessaire, afin de retrouver la tendance baissière du début des années 2010.

 

Indicateur n°10

 

Quantité d’arbres plantés par la ville de Lorient et stockage carbone associé.

 

 

A l’hiver 2018/2019, la ville de Lorient a planté 4160 nouveaux arbres qui ont porté le total des plantations forestières depuis le début de la politique forestière de la ville à 13188 arbres.

 

Depuis 2019, Lorient est signataire de  « 4 pour 1000 ». Cette initiative invite tous ses partenaires à faire connaître ou mettre en place des actions concrètes sur le stockage du carbone dans les sols et le type de pratiques pour y parvenir (agro-écologie, agroforesterie, agriculture de conservation, de gestion des paysages…)

 

Avec une hypothèse (à affiner dans les années qui viennent) de 20kg/an de stockage carbone par arbre à maturité en moyenne, et en estimant que cette capacité de stockage des arbres est atteinte à 20 ans, on obtient en 2019 un stockage de l’ordre de 35tCO2.

 

 

Indicateur n°11 :

 

Quantité de chaleur renouvelable consommée sur le territoire de la ville de Lorient (hors électricité)

 

 

La consommation de chaleur (gaz, fioul, bois, hors électricité) s’établit sur le territoire de la ville de Lorient, tous secteurs confondus, à environ 380MWh en 2018 (sources : GRdF et étude Burgéap/Equitée, via AUDELOR). Le bois énergie représente environ 6% de cette consommation. Afin d’atteindre 20% de chaleur renouvelable sur le territoire, il conviendrait donc, en ordre de grandeur de tripler la production de chaleur biomasse (à consommations énergétiques constantes).

 

Concernant les réseaux de chaleur bois, la puissance installée sur la ville était en 2018 d’environ 5,5MW, dont 2,5MW pour les réseaux municipaux de la Ville de Lorient.

 

Un objectif de triplement représente environ 10MW supplémentaires. Les projets actuellement étudiés par la SPL sur le territoire de la ville de Lorient représentent 2MW : il faut donc trouver 8MW supplémentaires dans les années à venir afin d’être en capacité d’atteindre 20% de chaleur renouvelable à l’échelle du territoire.

 

Conclusion :

 

La ville de Lorient peut afficher une grande fierté au vu des résultats présentés dans ce rapport développement durable. Les objectifs ambitieux fixés dans le plan climat voté en 2013, sont en passe d’être atteints (30% de baisse des émissions de CO2) ou bien déjà atteints (30% de consommation d’énergie renouvelable, objectif volontairement porté à 50%). La ville s’est en effet donné les moyens pour investir dans les énergies renouvelables non émettrices de CO2.

 

D’autres objectifs demanderont une consolidation dans les prochaines années : si les consommations d’énergie sont orientées à la baisse du fait notamment de la politique de réduction des consommations d’éclairage public, le travail de diminution des consommations liées au chauffage, en particulier au gaz, devra être poursuivi. Les excellents résultats en matière de limitation des consommations d’eau(division par trois depuis les années 80 !) ne doivent pour autant pas être considérés comme acquis.

 

La qualité de l’alimentation produite par la cuisine centrale et le stockage carbone de la ville avec les plantations d’arbres sont enfin deux indicateurs très dynamiques témoignant du travail de la ville pour toutes les composantes du développement durable.

 

Enfin, la ville a su se doter d’outils lui permettant d’agir à l’échelle de son territoire en offrant aux acteurs publics et privés de Lorient la possibilité, par exemple, de bénéficier de chaleur renouvelable. Cette extension de son domaine d’action directe est un grand enjeu des années à venir.