NoiseCapture

Outils scientifiques pour l’évaluation du bruit dans l’environnement

Tous les possesseurs de smartphone Android peuvent contribuer au projet de recherche Noise-Planet, simplement en enregistrant les bruits qui les entourent.

L’objectif ? Établir une cartographie participative de l’environnement sonore. L’application NoiseCapture, développée par des chercheurs du CNRS et de l’IFSTTAR, calcule des indicateurs acoustiques lors des déplacements de l’utilisateur. Ces indicateurs géolocalisés sont ensuite reversés dans une base de données pour élaborer des cartes de bruit, avec un maillage extrêmement dense. Ces cartes pourront être utilisées par les collectivités afin d’améliorer la qualité des environnements sonores urbains.

 NoiseCapture  est une application Android gratuite qui permet à l’utilisateur de mesurer et de partager son environnement sonore, visible  à cette page.

 Projet: 40 Lorientais pour évaluer leur environnement sonore.

Les volontaires devront effectuer sept parcours piétons dans le centre-ville de Lorient. Lors de ces trajets, ils évalueront leur environnement sonore sur leur smartphone (plateforme Android uniquement), grâce à l’application NoiseCapture. Ils devront faire cinq parcours libres d’environ cinq minutes et deux parcours imposés d’environ dix minutes.
On demande aux participants d’enregistrer le bruit lors de ces trajets et, à la fin, de répondre à quelques questions sur leur ressenti. S’ils ont trouvé le trajet agréable ou bruyant.
Pour améliorer la qualité de l’enregistrement, un microphone externe sera proposé aux participants. Ces derniers seront gratifiés d’un chèque-cadeau de 50 €.

Pour participer, les volontaires devront préciser le quartier de Lorient dans lequel ils habitent, leur âge (ou tranche d’âge) et confirmer qu’ils disposent d’un téléphone Android pour l’expérimentation.

Projet de cartographie du bruit CENSE

Projet CENSE (ici)- Caractérisation des environnements sonores urbains (article mis à jour au 26.11.2021)

A travers le développement de capteurs à bas coût, il semble aujourd’hui possible d’envisager une nouvelle génération d’outils de prévision du bruit, basée sur la mesure et sur la modélisation numérique. Ainsi, le projet CENSE, soutenu par l’ANR (appel à projet ANR-16-CE22), vise à établir une nouvelle méthodologie d’évaluation des environnements sonores, par une approche globale associant données libres, mesures et modélisations.

Le projet CENSE a été labellisé « Action Santé Environnement du PRSE3 de Bretagne » pour la durée de l’action.

Présentation vidéo

1) Origine du projet
Selon l’OMS, le bruit est la deuxième cause de morbidité, derrière la pollution atmosphérique, parmi les facteurs de risques environnementaux en Europe (réf rapport sur l’environnement en France – 2014).
La réglementation impose de produire des cartes de bruit. Elles sont basées sur la modélisation numérique qui calcule les nuisances sonores à partir des sources de bruit connues, mais les modèles sont souvent éloignés de la réalité et les sources de bruit mal répertoriées.
De plus les cartes de bruit ne tiennent compte que de critères physiques pour caractériser les nuisances. Ce n’est pas parce qu’un bruit est fort qu’il est automatiquement gênant. La perception humaine des nuisances sonores est complexe, à l’exemple du bruit insupportable de la goutte d’eau dans le lavabo ou de la moto qui va réveiller tout un quartier.

le projet CENSE a consisté à produire des cartes de bruit représentatives de sa perception. La technologie mise en place intègre la modélisation des données afin d’aller au-delà de la seule prise en compte de critères physique du bruit.

D’autres domaines comme la météo utilisent des approches qui fusionnent modèles et mesures. La nouveauté est d’appliquer ces approches dites d’assimilation de données à l’acoustique environnementale, ce qui n’existe pas aujourd’hui de manière opérationnelle. Il s’agit d’un sujet de développement dans le cadre plus large des « smart cities »

Journée d’échange « Données de la transition énergétique et écologique » Lorient, 17 sept 2019

2) Méthode proposée

– un réseau de capteurs de bruit installés sur le réseau d’éclairage public;
– un questionnaire envoyé aux résidents sur le lien ambiance extérieure / gêne sonore ;
– des enregistrements sonores réalisés par des piétons volontaires, pour mieux comprendre comment les passants apprécient les ambiances sonores au cours de leurs déplacements. Ce dernier point n’a pu être réalisé de part la crise sanitaire.

3) Les capteurs
Les données sont récoltées par un réseau de capteurs installés sur le réseau d’éclairage, qui est la colonne vertébrale du réseau de mesure du bruit: il alimente en énergie les capteurs installés directement sur les lampadaires, il sert aussi de relais de communication pour des capteurs sonores connectés en hertzien. L’utilisation de la transmission sans fil permet de distribuer de façon plus dense le réseau de capteurs sonores sur la ville.

Les données sont consultables sur le site https://rumeur-lorient.bruitparif.fr/levels

L’indice Harmonica

L’application HARMONICA rend les informations sur le bruit compréhensible par des non-initiés, en s’affranchissant des termes techniques. L’indice HARMONICA est compris entre 0 et 10, et proches du ressenti des populations. Plus la note est élevée et plus l’environnement sonore est dégradé. La représentation graphique de l’indice Harmonica comprend deux formes associées :

·     le rectangle représente le bruit de fond ;

·     le triangle représente les événements qui émergent du bruit de fond.

La couleur de l’indice (vert/orange/rouge) tient compte des périodes de la journée (diurne/nocturne) car la sensibilité au bruit la nuit est accrue : • vert lorsque l’indice est inférieur à 4 le jour ou à 3 la nuit : respect des objectifs de qualité de l’OMS (50 dB(A) en moyenne de jour, niveau à partir duquel l’OMS considère que le bruit est susceptible d’entraîner une gêne modérée, et 45 dB(A) en moyenne la nuit, niveau à partir duquel l’OMS considère que le bruit extérieur est susceptible de générer des perturbations du sommeil) ; • Orange lorsque l’indice se situe dans la plage 4 à 8 le jour ou 3 à 7 la nuit ; • rouge lorsque l’indice est supérieur ou égal à 8 le jour ou à 7 la nuit : des indices de 8 le jour ou de 7 la nuit peuvent être obtenus en présence de bruits constants de niveaux respectifs de 70 dB(A) et 65 dB(A)

En 2020, le bruit mesuré par les capteurs lorientais (https://rumeur-lorient.bruitparif.fr/main  ) est consultable sous diverses représentations. Exemple de lecture du bruit sur le capteur de la place de la poterie, près du Scorff, en données brutes et la traduction en indice harmonica.

Evolution en 2020 à Lorient

La baisse des activités et mobilités humaines due au confinement pendant la pandémie de Covid-19, appelée aussi anthropause, s’est traduite lors du 1er confinement par une diminution d’environ 6 dB(A) entre janvier et avril, ce qui correspond à une diminution de 75% des émissions sonores liées à la circulation routière.

4) Questionnaire

Les résultats ont été présentés le mardi 2 juillet 2019 à 18h00 salle A02 cité Allende

5) Durée et budget

Le projet a débuté en 2017 et se termine le 31 mars 2022. Une première phase était nécessaire pour, notamment, développer les capteurs et le traitement du signal intégré, déployer un réseau, effectuer des mesures sur une longue période et affiner les modèles d’interprétation.
Le montant prévisionnel des dépenses est de 3 294 877,80 € HT, réparti entre les partenaires, sans participation de la Ville.

Suite à cette expérimentation, des mesures de bruit pourraient être réalisées, sous d’autres formes, avec des technologies différentes, et un périmètre géographique élargi.

6) Rôle de la Ville
Lorient a une longue histoire d’actions innovantes en matière de préservation de l’environnement.
Concernant l’environnement sonore en particulier, un travail a été réalisé de longue date, de médiation autour de la vie nocturne, avec l’adoption d’une charte de la vie nocturne en 2011. La limitation des vitesses sur 90% de la voirie à 30km/h depuis 2007 contribue également à l’amélioration de l’environnement sonore.

La ville a établi un schéma directeur des modes actifs et s’engage résolument dans la mise en œuvre d’outils permettant de faire émerger la ville intelligente. La ville a mis ainsi à disposition, dans le cadre du projet ANR CENSE, son mobilier urbain et son expertise afin de créer un terrain d’expérimentation (accueil du dispositif expérimental sur son territoire –réseau de capteurs–, fourniture de données nécessaires à la réalisation du projet –données de trafic, données topographiques, données « bruit », informations SIG).

Articles de presse:  Ouest-France

Le Télégramme Vidéo     Le Télégramme PDF

Pour aller plus loin:
Coût social des pollutions sonores

Guide bruit santé

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Règlementation sur le bruit à Lorient sur https://www.lorient.bzh/bruit/